Introduction

La forêt de Fontainebleau est un site naturel célèbre dans le monde entier situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Paris, la capitale Française. Son histoire géologique particulière a formé une multitude de blocs de grès dispersés dans toutes la région, ce qui en fait de nos jours la mecque de l'escalade de bloc.

L'escalade à Fontainebleau

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Le systéme de cotation des circuits de Fontainebleau

Les circuits de Fontainebleau sont côtés suivant une cotation de type alpine :

ENpour les circuits enfants mettant à profit les petits blocs
F pour facile, niveau intermédiaire, rare
PDpour peu difficile
ADpour assez difficile, cotation moyenne des blocs dans le 3
D pour difficile, cotation moyenne dans le 4
TDpour très difficile, cotation moyenne dans le 5
EDpour extrêmement difficile, cotation moyenne dans le 6

Il faut soustraire au moins une unité par rapport à une cotation falaise, une cotation 5b requiert un entrainement spécifique.

La géologie du site

Au Stampien, il y a 35 million d'années, le bassin sédimentaire Parisien était recouvert par une mer qui allait jusqu'à Étampes. Cette mer a laissé en se retirant des dunes de sables de plusieurs dizaines de mètres de hauteur qui se sont par la suite sédimentés en surface en grès sous l'action du temps et de la prèsence d'une eau riche en silice, le ciment qui a agrégé les grains de sable entre eux. Cette sédimentation a formé des bancs de grés de plusieurs mètres de hauteur, appelé platière, qui ce sont par la suite fragmentés en blocs plus au moins gros. Ces blocs ont ensuite glissé le long des pentes des dunes de sable et ont formé les chaos rocheux que nous voyons aujourd'hui. On peut voir à certains endroits des remparts de grés et des chaos rocheux en contre bas (Mondeville, Cuvier rempart).

Les sables de Fontainebleau sont réputés pour leurs finesses et blancheurs. Les blocs de grés sont recouvert d'une carapace assez solide, mais à l'intérieur la roche est plutôt friable et d'un blanc trés pur.

Configuration « géo-morphologique » des massifs d’escalade

Source : CoSIRoc, octobre 2014

Un même massif d’escalade peut réunir plusieurs des catégories identifiées ci-dessous par les premières lettres de l’alphabet. L’ordre suit la chronologie de l’érosion des sols et n’est pas celui de l’importance du risque érosif.

A
Le « Rempart », et les flancs des diaclases secondaires qui le coupent, qui repose sur la surface horizontale en haut d’une butte sableuse. Le risque érosif est souvent quasi-nul car bloqué par les blocs provenant de la cassure de ce banc et situés immédiatement en dessous vers l’aval. Quelques risques de rupture en cas de gros surplomb. Peu de possibilité de parcours « d’enchaînement » et souvent peu de variété de type de passages (e.g. : Télégraphe).
B
Les diaclases primaires importantes découpent des blocs, souvent parallélépipédiques, de la hauteur du banc de grès. A la suite de l’érosion du sable sous-jacent, elles proviennent de l’ouverture des fissures préexistantes dans le banc de grès. La surface sur laquelle repose les blocs est faiblement inclinée. Les possibilités de circuit y sont assez faibles mais un peu plus nombreuses que dans le cas A et les escalades plus variées (e.g. : Point de vue de la Maison poteau).
C
Les chaos de blocs dans la pente (15 à 30°) qui continue à évoluer (chaos vif). Les blocs provenant de l’ancien banc de grès ont perdu de l’altitude en restant quasi à la verticale de leur ancienne position. L’érosion différentielle de leur pied a entraîné leur inclinaison et parfois leur basculement, et/ou celui des résidus de la couche supérieure les coiffant, sur les blocs voisins. En général très nombreuses possibilités d’enchaînements variés. C’est la catégorie dans laquelle le risque érosif est sensible. (e.g. : partout).
D
La pente soutenant les blocs en place s’adoucie nettement (quelques degrés) car elle s’approche d’une couche plus résistante ou du bas du talweg d’un vallon. Le chaos n’évolue presque plus (chaos achevé) et ne présente que peu de risque érosif. Même caractéristiques grimpantes que la catégorie n°3; (e.g. :91,1 sud ouest).
E
La couche résistante inférieure est pratiquement atteinte. Le chaos « mort » n’évolue plus. Le seul risque érosif est le piétinement (une vingtaine de cm au maximum). Possibilité de circuits variés (e.g. : Canche aux Merciers ou, au Pignon Poteau, couche G4 sur banc G3).

Pour affiner la remarque, on peut remarquer que cette catégorie (la moins érodable) peut ne pas être adaptée aux circuits de faible difficulté si les blocs sont hauts. Ils ont, en première approximation, repris leur position relative dans le banc de grès originel (cat A), écartés mais peu déplacés lors de leur descente, et leur faces latérales sont à nouveau verticales, ce qui est peu propice à la présence de nombreuses voies faciles (l’Isatis, le Bas Cuvier). Seule la très faible hauteur des blocs de la Feuillardière à permis la création du circuit enfant. La catégorie 4 avec au moins une ou deux faces non verticales (corollaire les autres peuvent être en surplomb) est beaucoup plus favorable aux circuits peu difficiles.